Stratégie énergétique française : les enjeux et la trajectoire

Flash-Pro Energy vous apporte leur expertise pour la stratégie énérgétique de la france pour les années à venir
Il s’agit de diviser par deux d’ici à 2035 la part des énergies fossiles
Hausse importante de la production d’énergie solaire et éolien bas carbone
Objectif pour Flash Pro Energy : concilier l’inertie des investissements colossaux nécessités par la production d’électricité nucléaire e
Flash Pro Energy prend en charge l'analyse des factures récentes de vos consommation d'energies
Fin de l’ARENH en 2025 et après ?
• La France projette de mettre en place une loi de programmation sur l’énergie et le climat en 2024.
L’objectif est de diviser par deux la part des énergies fossiles d’ici à 2035.
La ministre de la transition énergétique devait publier le 22 novembre 2023 la nouvelle stratégie énergétique française qui doit déboucher, en 2024, sur une loi de programmation énergétique ambitieuse.
Il s’agit de diviser par deux d’ici à 2035 la part des énergies fossiles (gaz, pétrole…), qui représentent encore 60 % de notre mix énergétique. Pour y parvenir, l’électrification d’une bonne partie de nos usages (transports, industries, chauffage/climatisation bâtiments…) est envisagée.

Scénarios de transition énergétique d’ici 2035
• Inspirée des « Scénarios de transition énergétique d’ici 2035 », élaborés par RTE (Réseau de Transport d’Electricité) en octobre 2021, et mis à jour en septembre 2023 en les ramenant de six à trois, pour tenir compte des bouleversements majeurs du monde de l’énergie, cette stratégie gouvernementale repose sur deux axes :
–1er axe : Hausse importante de la production d’énergie solaire et éolien bas carbone, (doublement du rythme d’implantation du solaire, forte hausse de l’éolien en mer).
–2ème Axe : Baisse massive de la consommation, en jouant sur l’efficacité énergétique des équipements, sobriété qui s’est déjà traduite par une encourageante baisse de 12 % de la consommation de gaz et d’électricité dans le contexte de la guerre en Ukraine, mais qui devra être accrue.
Une nouvelle Stratégie pour l'énérgie
• Cette stratégie demande de la cohérence, mais exige de la détermination : il faut concilier l’inertie des investissements colossaux nécessités par la production d’électricité nucléaire (indispensables centrales nucléaires, mais vieillissantes) et l’intermittence structurelle ; car dépendante des conditions climatiques, de la production d’électricité renouvelable qui impose le plus large éventail possible de technologies (solaire, éolien, hydraulique, …).
Ce volontarisme doit cependant se traduire dans les faits. En effet, les objectifs actuels de la programmation pluriannuelle de l’énergie n’ont pas été atteints. Les nouveaux objectifs fixés sont d’autant plus impératifs que le réchauffement climatique s’accélère, selon le Programme de l’ONU pour l’environnement, au point de placer désormais la planète sur une trajectoire catastrophique d’augmentation pouvant aller jusqu’à 2,9 °C d’ici à la fin du XXI siècle, très loin donc de la trajectoire envisagée par les accords de Paris, en 2015. Pour la première fois, les 17 et 18 novembre, la température moyenne mondiale a déjà été supérieure de plus de 2 °C à la moyenne saisonnière à l’ère préindustrielle, selon l’observatoire européen Copernicus.

• Autre mauvaise nouvelle : comme le précise la ministre Agnès Pannier-Runacher en Françe et dans le Monde, les puits de carbone montrent également leurs limites, du fait de la dégradation des forêts à un rythme imprévu. A la veille de la 28e Conférence des parties (COP28), qui se tiendra du 30 novembre au 12 décembre à Dubaï, ces faits doivent être rappelés inlassablement pour faire barrage à la tentation du fatalisme.
Pour approfondir une synthèse des trois scénarios "EnR + nucléaire" présentés par RTE
- N1 : le scénario N1 propose la construction de huit réacteurs nouvelle génération EPR (European Pressurized Reactor) de type « Flamenville », amélioré par le retour d’expérience, tout en donnant une large priorité aux EnR qui représenteraient plus des deux-tiers de la production totale française en 2050.
- N2 : le scénario N2 envisage la construction de 14 réacteurs nucléaires EPR à raison d’une paire tous les 3 ans à partir de 2035. Le développement des EnR est plus lent que dans le scénario N1 mais représente les deux-tiers de l’électricité produite en 2050 ;
- N3 : (SMR). Le nucléaire représentera encore 50% du système électrique en 2050, à parité avec les renouvelables en 2050.
Dans les trois scénarios, RTE considère qu’il est impossible d’atteindre la neutralité carbone sans un développement significatif des énergies renouvelables. Dans le même temps, se passer de nouveaux réacteurs nucléaires impliquerait des rythmes de développement des énergies renouvelables plus rapides que ceux des pays européens les plus dynamiques.
RTE alerte sur l'urgence à se mobiliser, quel que soit le scénario retenu par le gouvernement.
RTE précise que l’électricité n’est qu’un élément, certes essentiel, de la consommation d’énergie. Il pointe la faiblesse des institutions européennes et des gouvernements qui longtemps été, et sont toujours, obnubilés par l’électricité qui n’est qu’un vecteur d’énergie pas une source d’énergie.
L’électricité représente 27% de la consommation d’énergie finale en France, 23% en Europe et 19% dans le monde.
Depuis en février 2022 beaucoup d’événements ont modifiés notre perception de l’énergie et notamment une crise majeure, liée à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Elle s’est traduite ; en Europe, par une envolée inattendue des prix du gaz naturel et par conséquent des prix de l’électricité.
Cette crise a eu le mérite de remettre au centre des préoccupations des gouvernements les questions cruciales de souveraineté énergétique, de sécurité d’approvisionnement, de réindustrialisation.
Cette crise a permis de mesurer directement les conséquences économiques et sociales d’une augmentation sensible des prix de l’énergie. La facture énergétique de la France s’est élevée à 120 milliards d’euros en 2022, « dont plus de 100 milliards pour le gaz et le pétrole, soit l’équivalent des budgets additionnés de l’éducation nationale et des armées. A cette crise qui a transformé le paysage énergétique, il faut ajouter la surenchère des institutions européennes avec le plan « Fit for 55 » de réduction des émissions nettes d’émission de carbone.